Ma finale de la Coupe du monde 2010
11/07/10
Vidéo à la mi-temps du lieu où j’ai regardé le match.
HONG KONG, CHINE - La finale s’est terminée à 5 h pile et je suis rentré chez moi dormir vers les 5 h 10. Les Rouges (en bleu marin, ce soir) l’avaient emporté sur les Oranges.
J’ai regardé le match sur la terrasse du bar-restaurant Lung Kong, au bord du petit port de la Baie des banians (Yung Shue Wan) sur l’île de Lamma, avec une trentaine de téléspectateurs avertis (qu’ils allaient être groggy le lendemain), pour la plupart des expatriés de toutes nationalités, mais aussi des Hongkongais.
La foule était surtout derrière les Pays-Bas, les négligés de la joute, je crois. Le type assis à côté de moi, un Irlandais vêtu d’un t-shirt orange vif, était convaincu que l’Espagne aurait le dessus. Et ça a été le cas à la 116e minute, sur le but d’Iniesta, qui nous assurera qu’on n’aura pas besoin de se taper en plus les tirs de barrage (il était déjà 5 h moins dix à ce moment-là).
Ambiance au village
Avant le match, les ruelles de Lamma (un village, au sens propre du terme) avaient les allures de film de zombies. L’autre soir (ou nuit), en route pour voir Allemagne-Espagne, j’avais sursauté à un coin de rue de chez moi, lorsqu’un voisin a ouvert sa porte et est sorti juste devant moi, alors que j’avais l’oeil concentré sur l’application Twitter de mon smartphone.
La scène était assez surréaliste ce soir aussi, avec des gens dans leurs habits de nuit pataugeant dans les étroites rues de campagne pour se rendre au bar sportif le plus proche. Un nombre impressionnant de commerces qui n’étaient pas ouverts pour les demi-finales, l’étaient ce soir : un proprio de dépanneur du coin était en poste, regardait le match sur sa télé 18 po.
Au retour, il y avait encore plus de gens dans les rues, se dirigeant tous chez eux d’un pas décidé. Ça a sûrement été un lundi matin difficile pour beaucoup de monde en Asie de l’Est.
Suite et fin
Mon équipe, la Corée du Sud, est passée proche de faire les quarts de finale. Je crois qu’elle a atteint ses objectifs de passer en ronde éliminatoire.
Ça a été un plaisir de bloguer pour celle-ci, même si je ne suis pas d’origine coréenne. Cette équipe me captive depuis son parcours incroyable en 2002 (demi-finale perdue à l’Allemagne) et me gardera sans doute captivé pour les années à venir.
Ce blogue a aussi certainement été d’un fun rare à écrire. Merci à l’équipe de Radio-Canada Sports et de Radio-Canada.ca.
Sur ce, à la prochaine peut-être!
Et qu’est-ce que le sondage donne? (bis)
11/07/10
L’autre jour, je vous faisais part du résultat d’un sondage informel sur les Internets chinois. Sur Ren Ren Wang, le plus important site de réseautage social en Chine (en termes de clones de Facebook), on demande aux utilisateurs de choisir l’équipe qu’ils appuient. À minuit, on repart le compteur à zéro.
Voici le lien du sondage :
http://page.renren.com/worldcup2010
Donc, c’est sans grande surprise que dans les journées précédentes, l’Argentine et l’Allemagne ont tour à tour été les chouchous des fans de ballon rond chinois. Aujourd’hui à 22 h 30 heure de Chine (ou 10 h 30 à Montréal), et à quatre heures du coup d’envoi de la finale, l’Espagne domine à presque 2:1 sur les Pays-Bas :
Et l’Uruguay prend une débarque après sa deuxième défaite de suite hier, et des pays qu’on croyait éliminés depuis très longtemps, ne le sont pas encore tout à fait dans les coeurs des utilisateurs de RenRen.com.
Nombre de supporters par équipe sur Ren Ren Wang, dimanche le 11 juillet à 10 h 30 (HAE)
1. Espagne : 82 385
2. Pays-Bas : 49 056
3. Allemagne : 24 330
4. Argentine : 6550
5. Angleterre : 2630
6. Brésil : 2580
7. Italie : 1830
8. Portugal : 975
(Moi je prends pour les Pays-Bas!)
Big in China (2 de 2) : Regarder ARG-GER au barbecue à Shenzhen
8/07/10
Cet article est la suite et fin de mon article de l’autre jour sur ce petit voyage effectué (en partie) pour voir du soccer à Shenzhen.

ARG-GER au centre de barbecues chinois. On le voit pas très bien, mais en arrière, il y avait un château style Disney et une télé géante qui montrait la partie à tout le voisinage. (Photo : Cédric Sam)

Un autre barbecue dans ce mégacentre de barbecues extérieurs à Shenzhen, en Chine continentale. (Photo : Cédric Sam)
Pour regarder le match Argentine-Allemagne samedi dernier, nous étions au centre de restos style barbecue chinois, là où le demi-frère d’Obama est allé monnayer le nom de son frère. Il a lui-même ouvert son propre restaurant barbecue (lien en anglais).
Shenzhen, c’est la mégalopole en Chine continentale en bordure du territoire de Hong Kong. Une petite ville de pêche il y a à peine trente ans, Shenzhen est devenue un monstre de développement urbain de 9 millions d’habitants, et une des régions les plus riches de Chine continentale.
En ce qui nous concerne, Shenzhen c’est la destination voyage de fin de semaine pour de nombreux Hongkongais, car tout là-bas (à part les produits de luxe) est à prix réduit. Comme ça, notre soirée au barbecue, boisson incluse, nous a coûté 50 yuans (7 $CA).
Tel qu’on peut l’observer sur la photo ci-haut, le centre est en fait un complexe de restaurants en tous genres, surtout de barbecues chinois à l’extérieur. On n’est pas allé à celui du demi-frère, car il paraît que ce n’est pas très bon. C’est le même principe que le barbecue occidental, sauf que la viande est moins évidente, et qu’il y a plus de légumes (du chou, des échalotes chinois), et du poisson grillé ou mariné. Tout est badigeonné de la même sauce au cumin, paprika et sésame.
Le match a commencé à 22 h, heure locale. On le savait par la réaction de la clientèle (presque exclusivement chinoise) que la majorité prenait pour l’Argentine, et que les autres ont juste mis leur argent sur l’Allemagne.
Big in China. Toutes les bières chinoises sont des lagers, et pas très bonnes, mais il y a beaucoup de bières importées disponibles, comme des bières sur lie d’Allemagne (qui ne goûtent pas l’orange et la coriandre). Le clou de la soirée a probablement été les contenants à bière géants de 5 l remplis de lagers chinoises, comme la Tsingtao (la meilleure des pas bonnes) et la Kingway…
GER-ESP en pleine nuit dans un resto-bar rempli
7/07/10
Allemagne-Espagne. C’était rempli au restaurant Lung Kong, dans la rue principale de Yung Shue Wan, sur l’île de Lamma à Hong Kong.
Sous la nuit étoilée, c’était aussi le festival du moustique de ce côté-ci de la planète (j’ai oublié mon DEET 25 % à la maison), mais ça n’a pas empêché Hongkongais et expatriés de se donner rendez-vous à l’extérieur (s’ils n’ont pas le câble chez eux) pour voir cette demi-finale enlevante.
Il y avait beaucoup d’Allemands, ou du moins de supporteurs allemands, en regardant les drapeaux accrochés sur la clôture en bord de mer et en les entendant hurler « Go! C’mon! » quand le ballon s’amenait en zone espagnole. Les partisans de la Furia Roja se sont également fait entendre avec leurs « Vamos! » et surtout leurs cris de joie à la 73e minute. Beaucoup de « yap la, yap la! » (rentre, rentre!) aussi d’une partie de la clientèle.
Écouter les matchs en toute illégalité sur Internet
7/07/10
Lire l’article original du South China Morning Post (lien en anglais)
L’autre jour, je racontais comment dans d’autres pays on était pas aussi chanceux de pouvoir suivre la Coupe du monde par webdiffusion, comme sur Radio-Canada.ca.
À Hong Kong, un des câblodistributeurs du coin a acheté les droits exclusifs des 64 matchs, et il faut s’abonner à leur service de télé numérique pour voir les matchs (du moins sans avoir à pirater des chaînes étrangères ou regarder des feeds web de qualité suspecte).
Conséquence? Justement, il semblerait que la population soit en train de faire un pied de nez à ladite compagnie de câble et se précipite en masse sur le web pour voir le match.
L’article du South China Morning Post rapporte que selon le Hong Kong Internet eXchange, plus de 120 000 foyers à Hong Kong (population de 7-8 millions) auraient suivi (illégalement) sur Internet le match entre l’Angleterre et l’Allemagne la semaine dernière. L’article date de samedi dernier, alors qui sait combien de personnes auraient pu être connectées à des matchs de quarts de finale comme NED-BRA ou GER-ARG?
Ironiquement, I-Cable est aussi un des gros fournisseurs de service Internet à Hong Kong. Alors bravo pour votre incapacité de monnayer et en plus de voir votre bande passante se faire bouffer par tous ces hors-la-loi fans de zuk kow.
Dans un pays cinq fois plus peuplé, la CBC a enregistré 269 000 connections (légales) pour le match d’ouverture, en plus de fracasser des records de côtes d’écoute à la télé.
Comme c’était le cas pour les demi-finales, la finale sera montrée sur les chaînes généralistes TVB et ATV. Mais il y a encore une attrape : ça vous prendra la version HD de ces chaînes.
Et qu’est-ce que le sondage donne ?
6/07/10
Ren Ren Wang, ou « Le Réseau tout-le-monde », est le Facebook chinois (vu que le vrai est bloqué) et le site de réseautage social le plus populaire en Chine continentale.
(Si vous trouviez que leurs designers web ne sont pas très originaux, vous auriez dû voir ce de quoi ça avait l’air avant leur récente refonte.)
En Chine, on fait comme les Chinois, alors j’ai un compte, et j’ai remarqué cet espèce de sondage maison sur la Coupe du monde, où les utilisateurs du site sont invités à faire un « J’aime ça » sur l’équipe qu’ils soutiennent (apparemment même si elle est éliminée depuis belle lurette). Les règles sont : 1- un vote par jour par personne, et 2- à la fin de la journée on enlève ça et on recommence. Voici ce que ça avait de l’air mardi après-midi :
Donc, juste avant les demi-finales, qui commencent aujourd’hui avec le match Pays-Bas c. Uruguay (à 14 h 30 dans l’est du Canada, mais à 2 h 30 du matin à Hong Kong et en Chine…), c’est l’Allemagne qui domine avec plus de 60 000 votes en mi-journée.
De mémoire, samedi, l’Argentine obtenait la grande majorité des votes d’appui de la réseau-sphère chinoise. Disons qu’il y a eu un certain exode après le match quart de finale…
Nombre de supporters par équipe sur Ren Ren Wang, mardi le 6 juillet à 4 h 20 (HAE)
1. Allemagne : 63597
2. Espagne : 27024
3. Pays-Bas : 14509
4. Argentine : 6516
5. Brésil : 2121
6. Angleterre : 1714
7. Uruguay : 1587
8. Italie : 1204
Source : http://page.renren.com/worldcup2010 (bon, allez apprendre vos drapeaux là)
Big in China (1 de 2) : Pubs dans le métro de Shenzhen
5/07/10
Nous étions à Shenzhen la fin de semaine passée, entre autres pour faire du shopping d’électronique (lien en anglais), mais surtout pour écouter le match Argentine-Allemagne au barbecue de Xiangmihu (lien en anglais) (lac de miel en chinois) à Shenzhen.
Ces pubs du Mondial, mettant en vedette stars du foot éliminées hâtivement ou qui n’ont même pas participé (voir ce qu’en ont eu à dire mes collègues blogueurs de la Grèce et de l’Italie), tapissaient les parois de cette station du métro de Shenzhen.
Squatter les bars de yuppies à Hong Kong pour voir NED-BRA
2/07/10

Le serveur de ce bar ne se gênait pas pour prendre des commandes en pleine rue. Il faut bien monnayer ça. (Photo : Cédric Sam)

Arjen Robben, vue volée d'une télé de café, avec plein de monde devant les vitrines. La serveuse de cet établissement était moins impressionnante que celui de l'autre ci-haut, et tout le monde avait sa bière du dépanneur du coin (oui, pas de lois contre la boisson en public en Asie). (Photo : Cédric Sam)

La rue Staunton dans Soho, le quartier de bars de yuppies et d'expatriés de Hong Kong (Photo : Cédric Sam)
Vendredi soir. On cherche une place à aller pour écouter le match entre les Pays-Bas et le Brésil. La culture des bars s’oriente beaucoup avec la communauté d’expatriés, ici à Hong Kong. Comme ça, le quartier de Soho, à quelques pas du centre financier international de la ville, lieu de rendez-vous pour banquiers, corporate lawyers, et relationnistes de grandes entreprises, a évidemment été notre choix tout à fait naturel pour écouter ce match.
Comme on se sentait cheap, on a passé la première moitié du match à squatter les matchs, diffusés sur grandes télés dans un bar sur deux de Soho. Les partisans s’amoncelaient devant des bars comme le Spot, rue Staunton (photo ci-haut), bien malgré les fréquents taxis qui tentaient de se frayer un chemin.
Les proprios étaient ravis car, dans cette ville où le coût du loyer par mètre carré est parmi les plus exorbitants au monde, la superficie de leur établissement venait soudainement de doubler en taille. Les serveurs n’hésitaient surtout pas pour prendre des commandes à même le trottoir : il n’y a pas de loi interdisant la boisson sur la voie publique ici en Asie.
(On a fini la soirée dans un bar de yuppies, inévitablement.)
Japon-Paraguay sur mon île quelque part en Mer de Chine méridionale…
30/06/10

Le foot se regarde à l'extérieur sur une chaîne thaïlandaise, ici sur l'île de Lamma, Hong Kong. Oui, ce sont mes valises en bas à gauche. (Photo : Cédric Sam)
On est de retour de notre côté du globe. Je suis débarqué du traversier, ai marché une centaine de mètres, et j’ai entendu des vuvuzelas. En route vers chez moi, je me suis donc arrêté une dizaine de minutes pour écouter le début de la partie Japon-Paraguay. Sur la chaîne thaïlandaise, avec cette petite foule amassée devant un bar local, et juste à côté du HSBC, la seule banque de ma petite île de Lamma, sur le territoire de Hong Kong.
Il faut dire qu’on est vraiment choyé au Canada. Le soccer de la Coupe du monde est diffusé sur la télévision publique, disponible sans avoir à payer quoi que ce soit de surcroît, et est même en direct sur le web.
Ici à Hong Kong, c’est la compagnie de câble I-Cable qui a le monopole sur la diffusion de tous les matchs. Vous devez donc avoir un abonnement à leur service pour voir la Coupe du monde (du moins légalement). Aucune manière de visionner (légalement) sur le web, ou par antenne.
Le magazine en ligne CNNGo a même préparé un petit guide pour contourner cette sottise du capitalisme sauvage. Si on visait bien notre antenne satellite, on pouvait encore capter CCTV (la télévision d’état en Chine et diffuseur officiel en Chine continentale), jusqu’à ce que le gouvernement de Hong Kong s’en mêle et décrète la pratique illégale… De toute manière, c’est pas une grosse perte, car on me dit que les commentateurs de CCTV ne sont pas très bons.
On peut encore s’en sauver avec les chaînes satellites de pays avoisinants, comme la Thaïlande. C’est ce qu’on écoute au bar dans la photo ci-dessus, et c’est pas comme si on avait besoin de parler thaï pour savoir qu’il y a goal. Un autre bar semblait être branché sur une chaîne japonaise ou taïwanaise (c’était écrit en idéogrammes, mais ça avait pas l’air de la chaîne officielle).
Malheureusement, une chose qu’on ne pourra pas éviter, c’est les horaires de misère pour la zone horaire asiatique. Par exemple, les matchs de demi-finale et de finale qui sont tous diffusés à 20 h 30 en heure locale en Afrique du Sud, qui sont à 14 h 30 dans l’est du Canada, seront à 2 h 30 du matin en Chine et à Hong Kong. Le Japon verra ces matchs à partir de 3 h 30. On sent que ça sera des lendemains difficiles pour plusieurs en Asie et qu’on prendra beaucoup de congés de maladie la semaine prochaine dans ce coin du monde…
Samedi, on va à Shenzhen, la mégalopole-champignon juste de l’autre côté de la « frontière », en Chine continentale, et on suivra de près le duel Argentine-Allemagne. Donc, plus là-dessus la semaine prochaine.















